THIBAULT CHANTEPERDRIX DIRECTEUR GÉNÉRAL La promesse de proximité est devenue un argument répandu. La faire vivre l’est beaucoup moins. Pour les collectivités territoriales comme pour les établissements publics locaux, la protection sociale complémentaire des agents en est une illustration très concrète. Depuis le 1er janvier 2026, les employeurs territoriaux participent au financement de la complémentaire santé de leurs agents à hauteur d’au moins 15 euros par mois. Cette avancée fait de la santé un véritable choix politique, qui engage aussi directement les politiques RH des structures locales. Elle pose surtout une question : comment protéger collectivement sans oublier que les besoins, eux, restent individuels ? Un agent des routes, un travailleur social, un agent de collège, une jeune recrue ou un agent proche de la retraite ne vivent ni les mêmes contraintes ni les mêmes parcours. Un principe commun est nécessaire ; une réponse uniforme ne l’est pas toujours. Les structures locales disposent pour cela de plusieurs voies. La convention de participation répond à une logique de négociation et de pilotage collectif. La labellisation en porte une autre : la collectivité ou l’établissement participe, tandis que l’agent conserve le choix d’un contrat labellisé adapté à sa situation. Deux outils, deux logiques, qui peuvent répondre à des réalités différentes. Mais la labellisation mérite d’être regardée pour ce qu’elle permet : la liberté. La liberté, pour l’employeur, d’organiser une solidarité collective sans imposer une réponse unique. La liberté, pour l’agent, de choisir la protection qui correspond à ses besoins. Autrement dit, construire du collectif sans effacer l’individuel. Ce n’est pas moins de politique RH, c’est une politique RH plus fine, plus attentive aux réalités de chacun. Dans un contexte budgétaire contraint, le prix compte naturellement. Mais il ne peut être le seul critère. Le tarif se compare en un instant ; la qualité se vérifie dans le temps : lisibilité des garanties, transparence des évolutions, disponibilité des équipes de la mutuelle, prévention et accompagnement lorsqu’une réponse plus personnalisée est nécessaire. À vouloir gagner quelques euros sur une ligne, encore faut-il ne pas perdre de vue ce que cette ligne doit réellement protéger. C’est précisément là que la proximité cesse d’être un mot pour devenir un critère déterminant. Au sein d’une mutuelle de territoire ou affinitaire, elle suppose des équipes qui connaissent les réalités territoriales et des employeurs publics, et des interlocuteurs identifiables. En matière de protection santé comme ailleurs, la proximité n’a de valeur que lorsqu’elle devient un acte. C’est aussi une question de pluralisme. Dans un marché où 51 groupes concentrent 85 % des cotisations santé, préserver plusieurs modèles et plusieurs façons de protéger n’a rien d’anecdotique. Choisir, lorsque cela est possible, de faire vivre des acteurs proches des territoires, c’est aussi contribuer à maintenir une diversité utile aux agents comme aux employeurs locaux. C’est précisément le modèle porté par les mutuelles Mutame : une même affinité avec la fonction publique territoriale, des ancrages locaux forts et une capacité à accompagner les agents à l’échelle nationale. Parce que proximité et couverture nationale ne sont pas contradictoires. La première donne la connaissance du terrain ; la seconde donne la force d’un réseau. Ensemble, elles permettent de rester proche sans rester isolé. Mutame & Plus s’inscrit dans cette histoire et cette dynamique collective. Notre expérience des contrats labellisés comme des conventions de participation nous conduit ainsi à défendre moins une procédure qu’une conviction : aucune organisation ne devrait faire perdre de vue la liberté de choix, la proximité et la qualité de la protection apportée aux agents. Il y a donc, derrière chaque décision de protection sociale, davantage qu’un contrat. Il y a une manière de passer du discours à l’acte, de transformer une intention en choix politique concret et de donner du sens à une protection sociale locale. En ce sens, voter Mutame, c’est faire de la proximité un choix concret, et de ce choix un acte citoyen. Tout le monde revendique la proximité. Mais qui fait vraiment le choix de l’organiser ? TRIBUNE
Source éditoriale : Le Journal des Départements, n°58 - Septembre 2026, page 52.

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