Jean-Marc Roze est clair: « J’aimerais que notre politique d’attractivité soit l’un des principaux héritages de ma présidence ». Des mots qui traduisent l’importance que le Président de la Marne accorde au rayonnement de son département. Ceci, pour des raisons touristiques et économiques bien entendu, mais aussi pour affirmer la fierté d’appartenir à un territoire aux richesses parfois méconnues du grand public. Si les caves et coteaux de Champagne, désormais inscrits à l’Unesco, ou la cathédrale de Reims sont emblématiques du patrimoine marnais, le département ne manque pas de trésors à découvrir aux quatre coins d’un territoire à haute densité patrimoniale!

Côté nature, tout d’abord, la Marne regorge de lieux magnifiques à parcourir à pied, à vélo ou même en bateau! C’est notamment le cas du Lac du Der, plus grand lac artificiel d’Europe, qui accueille des activités nautiques tout au long de l’année.

La Marne propose aussi un large réseau de cyclotourisme, de circuits de randonnées pédestres, de tourisme équestre… L’occasion d’une vraie mise au vert. Côté culture et patrimoine, les curieux et les gourmets trouveront de quoi satisfaire leurs appétits. De la basilique Notre-Dame de l’Épine à Épernay, des tables étoilées rémoises à la Venise pétillante, Châlons-enChampagne, la Marne s’affirme comme une destination touristique de premier plan… que l’on peut aussi découvrir depuis les airs, à travers un vol en ballon au-dessus des vignobles de Champagne.

Cette politique d’attractivité revendiquée s’appuie également sur une position géographique remarquable. À 45 minutes de Paris en TGV depuis Reims, à 30 minutes de Roissy, à deux heures de Bruxelles, la Marne permet de concilier cadre de vie et proximité avec les grands pôles d’activités européens.

Comprendre les enjeux

Cathédrale - Reims Portée par l’Agence de développement touristique, cette stratégie porte ses fruits, aussi bien sur le plan touristique, avec plus de 30 millions de visiteurs annuels, que concernant l’installation d’entreprises et de foyers dans la Marne. Un travail de longue haleine qui a, on l’aura compris, vocation à se renforcer d’ici à la fin du mandat.

Attractive, la Marne l’est aussi par la richesse de son Histoire. Pas moins de trente-trois rois ont été sacrés dans la cathédrale de Reims, qui a notamment vu Clovis ou Jeanne d’Arc écrire les grandes pages de l’histoire rémoise!

Cathédrale - Reims La Marne, ce sont aussi les combats majeurs de la Première Guerre mondiale, dont la mémoire est célébrée dans de nombreux sites funéraires et muséaux. La Marne est ainsi le département comptant le plus de musées consacrés à la Grande Guerre.

Avec douze sites mémoriels et funéraires de la Première Guerre mondiale inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, la Marne peut véritablement s’appuyer sur son offre patrimoniale pour renforcer son attractivité et faire parler d’elle bien audelà de ses frontières.

Les réponses du territoire

Statue de Dom Pérignon à Hautvillers Repères historiques Situé à l’est du bassin parisien, le département de la Marne possède une histoire riche. Des traces d’occupation humaine remontent à la Préhistoire, comme en témoignent les nombreux outils en silex retrouvés dans les plaines de la Champagne crayeuse. À la période néolithique, des villages organisés se développent, profitant des sols fertiles pour l’agriculture.

À l’époque gauloise, le territoire marnais est habité par les Rèmes, un peuple allié de Rome. Leur capitale, Durocortorum, aujourd’hui Reims, devient rapidement un centre majeur. Après la conquête de Jules César, Durocortorum s’impose comme l’une des plus grandes cités de la Gaule romaine, carrefour commercial et administratif de premier plan. Plusieurs vestiges galloromains témoignent de cette prospérité.

Le Moyen Âge voit la Marne occuper un rôle spirituel et politique central. Reims devient la ville des sacres royaux: de Clovis en 496 à Charles X en 1825, trente-trois rois de France sont sacrés dans sa cathédrale, emblème majestueux du département. Autour, les campagnes se structurent autour de l’activité agricole, tandis que les abbayes, comme celle d’Hautvillers, participent au développement de la viticulture. La Marne est profondément marquée par les guerres de Religion puis les bouleversements politiques du XVIIe siècle.

Pourtant, elle connaît aussi un certain essor économique: la culture de la vigne se développe, posant les bases du futur champagne, produit emblématique du territoire. À Reims, Épernay, Aÿ et Châlons, la bourgeoisie commerçante prospère grâce au négoce du vin.

Ce qu’il faut retenir

Le département de la Marne est officiellement créé en 1790, en pleine Révolution française, avec Reims, Châlons (alors Châlons-sur-Marne) et Épernay comme principales villes. Le XIXᵉ siècle est une période de modernisation: la viticulture devient industrielle, le réseau ferroviaire se développe et Reims s’impose aussi comme moteur économique, notamment grâce au textile.

Moët et Chandon - Epernay La Première Guerre mondiale y a évidemment laissé une cicatrice indélébile. Deux batailles majeures s’y déroulent: la première bataille de la Marne (1914), qui sauve Paris d’une invasion allemande, et la seconde bataille de la Marne (1918), prélude à la victoire alliée. Les villages, les champs, les vignes et les villes comme Reims subissent d’immenses destructions.

La cathédrale de Reims est lourdement endommagée par les bombardements. La Seconde Guerre mondiale n’épargne pas non plus la Marne, même si les combats directs sont moins intenses qu’en 1914-1918.

Après la Libération, le département se reconstruit dans la continuité, autour de l’agriculture, de l’industrie légère et bien sûr de la production de champagne, qui devient une véritable signature mondiale.

Comprendre les enjeux

À partir des années 1970, la Marne se modernise avec de nouvelles infrastructures, notamment autoroutières, tout en valorisant son patrimoine historique et naturel. Reims se développe grâce à son université et à son économie, tandis que Châlons-enChampagne, siège de la préfecture, affirme son rôle administratif, militaire et culturel.

Source éditoriale : Le Journal des Départements, Hors-série Octobre 2026, page 24.