Entretien de André Accary, Président du Conseil départemental de Saône-et-Loire Nous avons fait le choix de conserver notre ligne de conduite depuis 2015, à savoir faire ce qu’on annonce en gardant à l’esprit qu’un euro dépensé reste un euro utile. L’attractivité de notre département s’inscrit comme une priorité puisque c’est ce qui conditionne le maintien des habitants et l’installation de nouvelles familles. La qualité de vie, les services, l’action de proximité sont les clefs de ce challenge sur fond de dépenses de plus en plus lourdes, notamment au niveau des solidarités, qui, je le rappelle, sont notre première compétence. Hausse des précarités ; vieillissement de la population ; augmentation du nombre des enfants confiés et des violences intrafamiliales sont aujourd’hui des préoccupations quotidiennes qui pèsent sur le budget départemental et qui pèseront de plus en plus, malgré nos efforts, Ce qui signifie que cette baisse de nos moyens financiers et l’augmentation des dépenses sociales obligatoires va nous contraindre dans nos choix et ambitions politiques si nous restons sans aucune compensation de l’État. Cela aura nécessairement un impact sur nos investissements mais nous allons poursuivre ce que nous avons engagé pour préserver au mieux la dynamique initiée. Car si je regarde dans le rétroviseur depuis 2015, nous avons impulsé un certain nombre de dossiers conséquents : La mise en deux fois deux voies de la RCEA partout en Saône- et-Loire, en lien avec l’État et d’autres collectivités, pour sécuriser cet axe national : les 9 derniers kilomètres entre La Fourche et le Col des Vaux ont été actés le 8 juin 2026 ; début de chantier à l’automne. Le déploiement de la fibre pour toute la Saône-et-Loire : depuis la fin de l’installation de la fibre dans 99% de la Saône- et-Loire, nous avons créé le service départemental Numérique 71 pour apporter des réponses immédiates à tous les Saône-et- Loiriens à leurs éventuelles problématiques en lien avec l’accès au Très haut débit ; et depuis 2025, nous avons lancé un appel à projets pour accompagner les communes dans la transformation numérique. 1- Monsieur le Président, vous présidez le Département de Saône-et-Loire depuis 2015. Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru et qu’est-ce qui guide votre action au quotidien ? La création du premier centre départemental de santé et d’une première année de médecine : une trentaine de lieux de consultations maillent le département ; plus d’une centaine de professionnels de santé a été recrutée ; 40 000 habitants ont retrouvé un médecin traitant. La santé, c’est le salariat des médecins mais aussi la création de CAPMEDECIN71, un guichet unique pour faciliter leur installation en Saône-et-Loire ; Hippocrate 71, un dispositif d’aides aux médecins et étudiants en médecine ; et l’ouverture, à Chalon-sur-Saône, de l’antenne PASS71, première année de médecine qui accueillera 30 étudiants en septembre 2026. La construction d’un village d’enfants pour privilégier les fratries des enfants et jeunes confiés dans le cadre de la protection de l’enfance : 48 places pour les 0 à 21 ans à partir de début 2027 à Saint-Gengoux-le-National. La création d’une plateforme dédiée pour les métiers de l’aide à domicile : : Depuis 2020, nous avons mis à disposition des services d’aide à domicile 50 véhicules, créé un groupement de commande pour la location longue durée, pris en charge partiellement les frais de location / amortissement, initié des temps d’échanges et de partage pour améliorer les conditions d’exercice de ces professionnels à domicile. La création de la plateforme Infopublic71 : un nouvel outil au service des habitants pour permettre à chacun, face à une question sociale ou numérique, de trouver rapidement une réponse fiable, locale et adaptée à sa situation. La construction et la rénovation globale de collèges avec l’installation de la vidéosurveillance : Depuis 2015, 100 % des collèges ont été équipés d’un système d’alerte sonore permettant de signaler immédiatement une intrusion violente ou tout autre incident grave. L’ensemble des collèges est désormais doté d’un système de contrôle d’accès permettant de gérer de manière sécurisée les entrées dans les bâtiments. 42 des 51 collèges disposent de la vidéo-surveillance, 7 autres sont programmés ; 3 sur 10 collèges privés ont bénéficié d’une subvention pour se doter. La construction de nouvelles structures pour regrouper les services du médico-social : 7 Maisons locales de l’autonomie ont été déployées dans les trois territoires d’action sociale ; il s’agit d’un guichet unique de proximité pour l’accueil des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.

La réinsertion des bénéficiaires du RSA : nous avons fait le choix d’accompagner plutôt qu’assister, d’investir dans les parcours plutôt que subir la précarité, de faire de l’insertion un levier de cohésion et de dynamisme. Le nombre de foyers bénéficiaires du RSA a baissé de 24 % sur les 4 dernières années. La création du service Asso71 : pour stimuler le bénévolat et aider les associations dans leurs actions ; 5 419 demandes traitées depuis l’ouverture du service en 2022 et 2 016 associations accompagnées. L’instauration d’un plan environnement sur 10 ans : pour replanter 600 000 arbres, mieux gérer l’eau, favoriser les déplacements à vélo et l’alimentation de proximité… La création d’un certain nombre de dispositifs en faveur du sport : afin d’encourager les pratiques et de faire rayonner le Département au niveau national. Et puis plus récemment, la construction de 11 nouvelles gendarmeries : que nous avons initiée (encore une première en France), afin d’offrir des conditions de vie dignes pour nos gendarmes. Nous œuvrons depuis 2015 pour le quotidien des Saône-et-Loiriens, pour la vitalité de toutes les communes et pour notre département avec l’ambition majeure de faire de la Saône-et-Loire un département attractif, dynamique, où il fait bon rester et venir vivre ! Je pense que nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli et mis sur les rails. Depuis 10 ans maintenant, nous envisageons la politique de santé comme un projet territorial pour une offre de soins globale en Saône-et-Loire. C’est une politique réfléchie, coordonnée, et de long terme. La santé est un écosystème à part entière, complet. Quand on parle de désertification médicale, on pense d’abord à la médecine générale parce que le médecin est la pierre angulaire du système de santé. Pour autant, quand on déroule le fil, on se rend compte que les médecins généralistes ne s’intéressent pas seulement aux conditions d’accueil lorsqu’ils s’installent. Ils regardent aussi l’environnement en matière d’offres de soins : l’activité libérale, hospitalière, la qualité des plateaux techniques, l’innovation… les conditions d’exercice offertes au plus grand nombre. Le centre départemental de santé était une première en France avec un principe, celui de complémentarité à l’offre existante. Depuis 2020, nous avons complété nos offres au sein du centre départemental de santé, avec des spécialistes mais aussi avec d’autres professionnels de santé, des paramédicaux ou en accord avec des centres hospitaliers pour des partenariats de télémédecine et télé-expertise par exemple. Nous avons recruté des assistants médicaux, des infirmiers en pratique avancée, des infirmières Asalée pour décharger les médecins généralistes et faire de la prévention. Un déploiement progressif pour constituer de véritables équipes pluridisciplinaires et pour répondre au mieux aux besoins de consultations. Aujourd’hui, le centre départemental de santé compte 74 médecins et 37 professionnels de santé répartis dans 31 lieux de consultations. C’est 7,3 % des habitants suivis par le centre départemental de santé. Après son déploiement, la téléexpertise, les partenariats avec les centres hospitaliers, Hippocrate 71, l’aide à la recherche médicale, Capmédecins71, nous innovons encore avec une première année de médecine, PASS71. En ouvrant à la rentrée de septembre 2026 cette antenne à Chalon- sur Saône, nous allons permettre à 28 jeunes Saône-et-Loiriens + 2 hors académie selon la règle imposée, de faire cette première année tout de suite après le Bac, dans les mêmes conditions qu’à Dijon. Avec cette antenne de l’Université Bourgogne Europe, nous voulons donner la même chance à tout le monde. Et contribuer à ce que l’écosystème en faveur de la santé soit le plus vertueux possible. 2- La Saône-et-Loire a été pionnière en créant le premier centre départemental de santé de France. Quel bilan tirez-vous de ce dispositif que beaucoup de départements vous envient, et que va changer l’antenne de première année de médecine à Chalon-sur-Saône ?

Une place de choix ! Parce qu’il en va de la survie de notre modèle de secours français. La sur-sollicitation de nos pompiers, la difficulté à recruter, à maintenir l’engagement sur le long terme, le coût des moyens, à commencer par les assurances, mais aussi le matériel et les moyens humains, le financement des services départementaux d’incendie et de secours, sont autant de sujets qui animent les discussions au niveau national. Nous évoquons, de manière récurrente, quelle que soient les saisons, les événements climatiques qui touchent la population, les biens et matériels privés et publics. Inondations, tempêtes, coulées de boue, incendies, vents et orages de plus en plus violents, les phénomènes météorologiques témoignent d’un changement climatique réel auquel les secours doivent s’adapter. Cela passe par des campagnes de communication pour le recrutement, des actions pour inciter à l’engagement comme nous le faisons par exemple en Saône-et-Loire en accordant une aide au permis de conduire pour les jeunes sapeurs-pompiers, la formation ou encore la reconnaissance. Nous avions beaucoup misé sur le Beauvau de la sécurité civile pour lequel nous avons largement contribué avec Départements de France mais l’instabilité du gouvernement en a voulu autrement. Il faut pourtant s’adapter aux nouveaux enjeux, climatiques, industriels, technologiques. S’adapter avec des soldats du feu devenus des soldats du climat. Et intégrer ces évolutions et ces enjeux, c’est se moderniser. C’est le cœur des réflexions que nous conduisons lors des commissions que je préside à Départements de France, avec mes homologues, avec les présidents et directeurs de SDIS, et avec toute la communauté de la sécurité civile, pour garantir la formation, la protection et la reconnaissance de tous les pompiers de France. Je le répète haut et fort : nous ne pourrons tenir éternellement avec une hausse des interventions, des nouvelles missions et des budgets contraints. Notre modèle de financement a atteint ses limites aujourd’hui. Il nous faut impérativement diversifier les sources de financement, en explorant des pistes comme une contribution plus équitable des assureurs qui doivent prendre en compte la valeur du sauvé, et ne fiscalité dédiée aux risques majeurs. Nous avons fait des propositions : une meilleure indemnisation des missions sanitaires ne relevant pas du secours d’urgence aux personnes adapter la contribution des métropoles et des grandes agglomérations au budget du SDIS à l’activité qu’elles génèrent augmenter les revenus issus de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA) et pourquoi pas, créer une taxe additionnelle sur le foncier bâti. Nous ne pouvons pas nous passer des missions des pompiers au quotidien. Nous l’avons encore vu cet été avec des interventions à répétition pour éteindre les incendies partout en France, plus seulement dans les régions à risques. 3- Vous présidez le conseil d’administration du SDIS 71 et la commission sapeurs-pompiers de Départements de France. Quelle place la sécurité civile occupe-t-elle dans votre engagement ? En Saône-et-Loire, nous avons connu un été caniculaire avec des feux d’ampleur, jusqu’à 9 simultanément en une seule journée. Sans la solidarité nationale et les précieux renforts, y compris avec des moyens nationaux, nous n’aurions pu faire face. Pourtant, plus d’un tiers de nos pompiers sont formés à ces épisodes climatiques, nous avons par ailleurs investi dans beaucoup de matériels performants, nous avons anticipé avec du pré-positionnement, nous avons aussi pu compter sur l’aide précieuse des agriculteurs et de l’ONF. Nous étions prêts et cela a à peine suffi. Les pompiers ne doivent pas être une variable d’ajustement. Nous devons les protéger, les valoriser, les préserver. C’est cela que je défends, tant en Saône-et-Loire qu’à Départements de France. Idéalement située sur la carte de France, la Saône-et-Loire reste facilement accessible et proche des grandes villes comme de la mer et de la montagne. Département entre rural et urbain, il permet, selon ses attentes, d’allier un cadre verdoyant et vallonné à une vie plus rythmée. Chacun y trouve sa place, forcément. L’attractivité, dans son ensemble, est au cœur de nos préoccupations parce que c’est ce qui conditionne la démographie, l’emploi, le dynamisme et la notoriété d’un département. La santé, la sécurité, l’insertion professionnelle et le logement jouent un rôle prégnant, tout comme l’accès aux services de proximité. Nous avons déjà beaucoup œuvré pour ces sujets et continuons de travailler en ce sens. Il faut penser aux jeunes également, leur donner envie de revenir vivre en Saône-et-Loire après leurs études et pour qu’ils choisissent de bâtir leur vie chez nous, il faut pouvoir répondre à leurs attentes. 4- L’attractivité est un enjeu majeur pour les territoires. Comment le Département agit-il, aux côtés des communes et des intercommunalités, sur l’emploi et le logement ?

Prenez les gendarmes, le cadre de vie, et le logement en particulier, sont un critère dans leur choix d’affectation. C’est pourquoi nous avons travaillé avec eux sur l’avenir de leurs locaux et logement vieillissants. Ce n’est pas dans nos compétences initialement, pas plus que la santé, et pourtant nous avons mené ces projets à bien. C’est la même chose pour les communes et intercommunalités auxquels nous proposons chaque année des appels à projets afin qu’elles bénéficient de notre soutien financier dans leurs différentes réalisations, que ce soit des routes, des aménagements, des équipements, de la rénovation etc. Nous les aidons également avec divers autres dispositifs, pour le patrimoine, la culture, le sport par exemple, ou en mutualisant certains services comme la restauration scolaire. Je rencontre régulièrement les maires et leurs équipes pour veiller à ce que notre soutien corresponde bien à leurs besoins et apporter des modifications si nécessaire. Je suis convaincu que toutes ces initiatives mises bout à bout, ce travail collectif, ont un impact positif sur le maintien et le renouvellement des populations. D’ailleurs les dernières données de l’Insee le démontrent puisque nous avons gagné 1174 habitants en deux ans, ce qui nous permet de repasser le seuil des 550 000 Saône-et-Loiriens. 5- La Saône-et-Loire est une terre de patrimoine, de vignobles et de gastronomie. Quelle est votre ambition pour le tourisme en Bourgogne du Sud ? La Saône-et-Loire est en effet un terroir viticole aux climats inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est le plus vaste vignoble de Bourgogne avec une trentaine d’Appellations d’Origine Contrôlées (AOC allant de la Côte Chalonnaise au Mâconnais, en passant par le Beaujolais et même le Brionnais. Pour découvrir ces richesses, les visiteurs ont le choix entre les viticulteurs en direct, les caves coopératives, l’oenotourisme au Hameau Duboeuf à Romanèche- Thorins ou à la Cité des Climats et vins de Bourgogne à Mâcon. La Saône-et-Loire est aussi une terre de gastronomie par excellence. Outre les AOP Volaille de Bresse, Bœuf de Charolles, fromages de chèvre Charolais et Mâconnais, notre département est riche de tables d’exception avec dix restaurants étoilés au Guide Michelin 2026, dont un 3*, la Maison Lameloise à Chagny, et deux 2*, L’Amaryllis à Saint-Rémy et Maison Doucet à Charolles. Tout cela contribue largement à la notoriété de notre département et à son attractivité. C’est une vitrine incomparable et alléchante que nous exposons largement lors d’événements nationaux, à l’instar des salons du tourisme, du Salon international de l’agriculture, lors des grandes rencontres sportives comme le Tour de France, lors de la campagne annuelle de promotion touristique dans les moyens de transport (stations de métro, avions, trains, aires d’autoroutes), dans des émissions dédiées tels que Les petits plats en équilibre ou La Carte au trésor, ou encore dans les médias. « La santé, la sécurité, l’insertion professionnelle et le logement jouent un rôle prégnant, tout comme l’accès aux services de proximité. »

Comprendre les enjeux

6- En cette rentrée, quelles sont vos priorités pour les collèges et la jeunesse : investissements, restauration locale, numérique ? Notre travail commence dès le collège avec des établissements rénovés, réhabilités, repensés pour offrir les meilleures conditions aux élèves. Nos investissements portent sur la rénovation énergétique, la renaturation des cours, les installations pour consommer moins d’eau et d’électricité ; le numérique, en fournissant par exemple des tablettes ou en finançant du matériel spécifique pour l’enseignement. Mais c’est aussi des efforts majeurs pour la restauration collective en développant l’approvisionnement en circuits courts, en valorisant les produits locaux, en luttant contre le gaspillage. Par exemple, tous les collèges adhèrent à la plateforme Agrilocal. Chaque année pour la semaine du goût, nous mettons de l’AOP dans les assiettes des collégiens ; nous organisons aussi des repas avec des chefs, parfois étoilés, pour leur faire connaitre le meilleur. En matière de connaissances, nous finançons des actions éducatives pour éveiller les élèves à la culture et au sport notamment, grâce à des partenariats avec les deux clubs phares de basket, dont les joueurs dispensent des séances en anglais en échange de leur participation ensuite, à un match à enjeu national. En parallèle, nous avons créé le conseil départemental des jeunes pour les sensibiliser à la citoyenneté et leur donner la possibilité d’agir pour leur département. Nous partons du principe qu’être jeune en milieu rural ne veut pas dire être isolé ou condamné à attendre. Pour nous, c’est : des défis à relever, des talents à faire éclore et c’est surtout la responsabilité collective de créer des opportunités. Nous avons créé une carte sportive du 71 qui permet à tous les jeunes, en quelques clics, de trouver un club près de chez eux. Nous contribuons par ailleurs aussi aux diplômes d’animateurs ou de maîtres-nageurs. Nous encourageons aussi l’apprentissage, l’engagement dans les jeunes sapeurs-pompiers avec l’aide au permis, les plateformes mobilité pour les aider dans leurs déplacements quotidiens, la maison des adolescents et un certain nombre de partenariats avec des acteurs spécialisés pour des dispositifs ciblés. Enfin, nous récompensons les collégiens qui obtiennent la mention Très bien au Brevet avec une cérémonie annuelle, juste pour eux. L’agriculture est un pilier de l’identité de notre département. Bien plus qu’une activité économique, elle s’inscrit comme un élément majeur et incontournable de la Saône-et-Loire. Les agriculteurs font notre fierté, et nous le faisons savoir. nous le savons bien et œuvrons à notre niveau pour leur apporter notre soutien, la loi NOTRe nous ayant privé de cette compétence au profit d’une Région moins dévolue à ce sujet. Si notre aide est limitée aujourd’hui, chaque fois que nous le pouvons, nous agissons : valorisation de nos terroirs lors de nos évènements ; laboratoire départemental Agryvalis ; accompagnement pour les audits et la modification des pratiques ; aide au financement des récupérateurs d’eau, des moyens de défense pour réguler la présence du loup ; soutiens lors des aléas climatiques ; aide au fonctionnement (Chambre d’agriculture, organismes, service de remplacement, groupement de défense sanitaire) ; accompagnement aux risques psychosociaux avec E-santé ; audits d’exploitation ; soutien financier et promotionnel lors de concours et autres rendez-vous agricoles ; intégration des productions locales dans les cantines scolaires et dans les maisons de retraite avec Agrilocal ; co- financement des mesures du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER)… Nous avons été là aussi au moment de la Dermatose nodulaire contagieuse, comme nous le sommes chaque fois que nous le pouvons. Nous sommes la collectivité la plus à même à pouvoir entendre et accompagner nos agriculteurs, à pouvoir réagir et agir en faveur de ces professionnels de l’alimentation de qualité et de proximité. Parce que nous sommes des élus de terrain, des élus de ce terroir qui nous est si cher. En dehors de ce soutien inconditionnel, nous les aidons à promouvoir leurs productions, à valoriser leur travail, à faire prendre conscience de l’importance des circuits-courts, de privilégier la qualité à la quantité. Pour notre souveraineté alimentaire, la promotion de la qualité et du local se décline dans nos assiettes dès le plus jeune âge et particulièrement dans les collèges. Pour l’aménagement et l’entretien de nos paysages, pour la préservation de notre cadre de vie et de la biodiversité, pour la gestion des ressources naturelles, les agriculteurs son nos meilleurs alliés. Nous l’avons vu avec les incendies cet été, ils ont été d’une aide remarquable pour les pompiers, parce qu’ils connaissent parfaitement bien les lieux, les accès, que leurs matériels permettent de faire les tranchées nécessaires et les tenir arrosées pour stopper le feu. Alors oui, nous devons être là pour eux comme ils sont là pour nous parce qu’ils font rayonner la Saône-et-Loire autant qu’ils protègent notre département. 7- Élu du pays charolais, vous connaissez bien le monde agricole. Comment le Département soutient-il ses filières et le consommer local ?

8- Dans un contexte budgétaire contraint, quel rôle les Départements ont-ils à jouer demain, et quelles priorités souhaitez-vous encore faire avancer pour la Saône-et-Loire ? Le Département est la grande collectivité de proximité, celle qui reste accessible à tous et qui œuvre pour tout le monde, au plus près des habitants. Malgré le contexte budgétaire plus que contraint, nous restons sur notre ligne de conduite de 2015. Avec la majorité départementale, nous refusons de nous résoudre à une année blanche, qui ne ferait que différer les problèmes. Nous faisons des efforts, envisager de réduire encore les budgets, mais en maintenant toutes nos politiques publiques. Pour l’instant, nous n’en avons sacrifié aucune, car que ce soit le sport, le culture, l’agriculture, la santé, toutes contribuent à l‘économie, au dynamisme et à l’attractivité de notre département. N’oublions pas que derrière, ce sont des personnes, des emplois, du lien social. Par ailleurs, cela contribue à continuer d’exister en tant que grande collectivité et de faire des choix en totale adéquation avec les besoins des Saône-et-Loiriens. Nous ne voulons pas nous résoudre à ce que demain, le Département soit uniquement le gestionnaire des choix de l’État. Le Département, ce sont des élus de terrain, une oreille attentive, et des réponses de proximité. C’est trouver des réponses au plus près de la réalité. Tant que nous aurons cette liberté d’agir en fonction des attentes qui diffèrent d’une commune ou d’une intercommunalité à une autre, nous le ferons. Nous ne pouvons généraliser l’action lorsqu’on la veut pertinente. La Saône-et-Loire a sa propre identité, ses atouts, ses spécificités, ses populations qui ne sont pas les mêmes dans le Chalonnais ou dans le Charolais Brionnais. C’est dans cet esprit que nous voulons continuer de faire avancer la Saône-et-Loire, pour ses habitants, et de la faire rayonner, pour attirer des touristes et de nouvelles familles.

Source éditoriale : Le Journal des Départements, n°58 - Septembre 2026, page 12.