À l'heure où les départements doivent concilier hausse des besoins sociaux, exigences toujours plus fortes face aux conséquences du changement climatique et contraintes budgétaires croissantes, comment évolue réellement leur situation financière? Le Baromètre 2026 de l’AFL, la banque des collectivités locales, apporte un éclairage sur les équilibres retrouvés, mais aussi sur les fragilités qui demeurent.
Après deux années particulièrement tendues, les départements retrouvent un peu d'oxygène. C'est l'un des principaux enseignements de la 7ᵉ édition du Baromètre AFL de la santé financière des collectivités locales. En 2025, leur note financière moyenne s'améliore pour atteindre 3,65, contre 3,91 l'année précédente, signe d'un redressement réel mais encore loin d'une normalisation de leur situation budgétaire.
Cette amélioration repose avant tout sur le rebond des recettes fiscales, notamment des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), qui progressent de 20,9 % pour atteindre 11,8 milliards d'euros. Conséquence d’importants efforts de gestion et d’un reflux de l’inflation, les dépenses de fonctionnement, de leur côté, ralentissent fortement (+1,2 %), permettant à l'épargne brute des départements de rebondir de 22,8 %, à 6,9 milliards d'euros. Pour autant, la prudence reste de mise. Les dépenses sociales continuent de peser lourdement sur les budgets départementaux. Les dépenses liées à la prestation de compensation du handicap progressent de 7,6 %, celles d'hébergement de 4 % et celles du RSA de 2 %.
Ce léger redressement budgétaire des départements s’illustre, en 2025, également par le fait qu’aucun département ne dégage une épargne brute négative (versus 1 département entre 2022 et 2024) et 8 départements dégagent une épargne nette négative versus 14 en 2024.
Comprendre les enjeux
Enfin, autre signal révélateur: l'investissement départemental recule pour la 2 ème année consécutive. Malgré les efforts réalisés en section de fonctionnement et le rebond de l’épargne, les dépenses d'équipement diminuent de 11,2 % pour s'établir à 7,4 milliards d'euros. Les reports et/ou recalibrages d’opérations d’investissement font peser le risque d’une dette grise, notamment sur la voirie. Les départements empruntent également un peu moins qu'en 2024, mais leur niveau d'endettement poursuit sa progression.
L'encours de dette atteint désormais 35,4 milliards d'euros, soit une hausse de 5,7 % en un an. Pour les années à venir, l'enjeu est désormais clair: préserver la capacité d'investissement des départements tout en leur permettant de retrouver des marges de manœuvre durables.
Car derrière l'amélioration des indicateurs, les tensions structurelles n'ont pas disparu. LE REGARD DE DÉPARTEMENTS DE FRANCE « La dégradation de la situation financière des Départements ralentit en 2025 en raison, d’une part de l’augmentation des droits de mutation à titre onéreux, d’autre part d’efforts conduits en termes de maîtrise des dépenses de fonctionnement. On observe cependant et pour la seconde année consécutive un recul de l’investissement des Départements. Surtout, aucune réponse structurelle n’a été apportée au financement de leurs dépenses sociales. »
Le redressement observé en 2025 est un signal positif, mais il ne doit pas masquer les fragilités structurelles auxquelles restent confrontés les départements. La question centrale demeure celle de la soutenabilité des équilibres financiers dans la durée.
Les réponses du territoire
Yann Doyen, Directeur des engagements de l'AFL
Source éditoriale : Le Journal des Départements, Hors-série Octobre 2026, page 45.

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